EXTRAIT DU MANUEL DE SCENARIO POUR AUTEUR

Voici une réflexion concernant un projet de livre sur Léonard De Vinci.



Quels que soient les événement de la vie, il est toujours possible de lui donner un sens différent, lui faire prendre une autre couleur…
Alors, j'ai commencé à faire ce rêve qui s'est introduit dans ma tête sans faire de bruit et qui a fini par s'y incruster, toutes ces images qui venaient à moi en écrivant ressemblaient à des scènes d'un film, pourquoi ne pas écrire le scénario de ce livre ? J'ai le temps - enfin, pas vraiment, surtout qu'on ne m'a rien demandé, mais ce serait un bon exercice.
C'est bien de partager ces moments avec vous, parce qu'ils sont positifs. (Mon refus de faire du bénévolat ne concerne pas ces pages écrites à l'attention de quelques personnes à peine que je refuse de mettre à l'écart.)

C'est déjà suffisamment difficile pour que des obstacles apparaissent sous forme de règles à suivre. J'ai de moins en moins envie d'entendre parler d'architecture, de défendus. Attention ! Vitesse limitée ! Ne pas dépasser les limites ! Défense de… Interdiction. Or, dans une BD, tout est structuré de façon géométrique, si bien que je me demande si les personnages ne sont pas eux aussi dessinés avec une règle. Je sais que je ne vais pas me faire des amis en parlant de la sorte, mais soyons lucides. Qu'y-a-t-il de mal à chercher à innover ? On n'est pas dans une BD ici.

Pour information : J'ai écrit mon manuel de scénario ( sous le pseudo Julien Waken) pour m'aider à écrire ainsi que les jeunes ou moins jeunes auteurs qui se lancent, c'est une sorte de coach personnel utile pour écrire de façon à savoir immédiatement comment et par où commencer, comment développer pour conclure sans perdre de temps. Le premier livre contient souvent plusieurs histoires qu'il faut apprendre à tailler, recouper sans crainte pour garder le fil. Il y a des trucs, des ficelles. Un récit comporte toujours des lacunes, quelque chose ne fonctionne pas dans la structure ; trop de personnages, ou trop d'intrigues, un manque de dynamique, d'homogénéité, des scènes mal construites, il faut donc REECRIRE. Étant penseur visuel, j'écris en images sans chercher à faire des phrases (Victor Hugo ne serait plus édité aujourd'hui) j'écris le plus simplement possible, droit au but, c'est ma façon, et vous pouvez le faire aussi. Vous tirerez ensuite les ficelles de votre histoire, car il y a des « trucs » en écriture que je tenais à partager. J'ai 75 ans, je n'emporterai rien avec moi et tenais à partager cette expérience avec les personnes qui se lancent dans l'écriture. Car ce n'est pas évident. Je ferai imprimer le manuel sur demande sans rien gagner sur le livre, ce n'est pas le but.Pour info : 1. Il existe une bible du scénario américain de 600 pages publié en français par le C.I.A.M. axé sur le cinéma. Les auteurs sont John W. Bloch, William Fadiman et Lois Peyser. 2. Créer des personnages inoubliables – par Linda Seger – DIXIT 3. Comment reconnaître identifier et définir les problèmes liés à l'écriture par Syd Field – DIXIT

Let's go ! 

Ne suis-je pas libre de raconter une histoire à ma façon, en laissant libre court à ma fantaisie ? A mon art ?Pour divertir, il faut se divertir. Le film La Vie rêvée de Walter Mitty est une adaptation de la nouvelle de James Thurber, parue en 1939. Le film s'articule autour d'un négatif censé faire la couverture du magazine LIFE qui a disparu et que Walter doit retrouver, c'est l'enjeu de cet anti héros auquel il est facile de s'identifier peut-être parce qu'il se fera virer de sa firme par des mutants surgis de nulle part et dépourvus de toute forme de conscience et de sens moral. Ces péteux en deux pièces débarquent un jour dans la boite et se mettent à déballer en prenant des grands airs des salades commerciales que personne ne comprend pour ensuite montrer la petite porte à des employés qui se sont investis durant toute leur vie dans la société. Un phénomène récurrent aujourd'hui, qui a peut-être contribué à réserver au film un accueil mitigé. Qui sait ? Sûrement!


Les anciens compositeurs de musique tels que Mozart ou Beethoven composaient leur symphonie d'après …un plan. Écoutez leur musique, les silences expriment quelque chose. Rien n'est laissé au hasard. Chaque note exprime quelque chose. Je ne me formalise pas au sujet des 3 actes. Schönberg produisit une théorie révolutionnaire consistant à composer sur les douze notes à l'inverse de la composition tonale.
Le talent est autant du boulot qu'une aptitude remarquable qui ne s'apprend pas sur les bancs d'école.
L'instruction lacunaire d'Hector Berlioz, assez piètre exécutant, ne l'empêcha pas de devenir un remarquable compositeur !
Il est dommage que les plus grands créateurs n'aient laissé aucun témoignage écrit de leurs expériences psychiques, mais je vous garantis que l'imagination créatrice engendre la réalité, c'est aussi une grande loi naturelle !

Inutile de remuer sans cesse des choses noires, négatives, et d'en remettre une couche en les publiant en plus à des gens qui veulent oublier leurs problèmes, se distraire, changer d'air virtuel, ce serait malhonnête et peu constructif de ne pas respecter cela, ce qui équivaudrait aussi à placer le lecteur en face du fait accompli!
Du reste, je suis incapable de changer le cours des événements, mais la vie doit continuer!
Je ne suis pas ici pour "emmerder" les gens en leur racontant des choses sombres qui pullulent déjà dans les gazettes du Net.
Au contraire, j'espère que vous quitterez ces pages en retirant quelque chose de positif, voire d'amusant, de particulier, pour en finir avec les clichés et les images d'Epinal, les a priori, etc.

Je me demande parfois comment écrire en fournissant au lecteur le plus d'images et d'actions possibles pour lui donner l'impression de lire « un film ».
Je me demandais comment faire si je voulais porter Léonard de Vinci à l'écran, que choisirais-je de montrer dans le scénario ?
Or, le livre que je veux écrire est un film dans la tête du lecteur et non un récit ennuyeux qui décrit toutes sortes de trucs inutiles qui n'apportent rien à l'histoire,​
Que souhaiterais-je lire ou voir, moi, sur le grand écran ?

Et quelle musique digne de ce nom composer pour accompagner chaque scène de cette super production ? Wow! Du coup, mon essai prendrait des allures de roman... Pas question de snober le grand public avec des théories absurdes, et des clichés bidons, mais comment rectifier l'image de Léonard qui s'est gravée dans l'inconscient collectif sans faire un bide pour autant ?
Dans les années 90, on était déçu de mon choix de vouloir porter à l'écran la vie de Louis Antoine, le guérisseur belge surnommé le Père, à l'origine de la première religion née Antoiniste en Belgique au début du siècle. J'avais écrit le scénario pour une BD, mais je sentais que l'idée ne passait pas auprès de ces gens. Après tout, s'ils ont aimé Germinal, il ne pouvaient qu'aimer ce livre que je viens de reprendre en main, afin de lui donner un brin de toilette, un sacré travail.

Quoi ? Un guérisseur ? Allez Collignon, t'es fou ! Dégage !
En d'autres termes, ça se résumait plutôt à ceci :
Quoi ? Un guérisseur ? Vous êtes sérieux ? Vous avez écrit ce scénario pour un charlatan ? Personne ne vous suivra! Ne faites pas ça, voyons! Choisissez plutôt de raconter une histoire sérieuse, tenez, par exemple, nous avons cet avocat célèbre en Belgique, X, qui a joué un grand rôle dans le pays, pour la société, blablabla...
Un journaliste belge décédé il y a qlqs années avait trouvé mon livre sur le guérisseur Louis Antoine "trop théâtral", ignorant qu'il était tiré du scénario, il aurait pu dire "c'est trop cinématographique". Il faut bien théâtraliser un roman pour l'adapter à la scène. Toujours est-il que ce type m'avait avoué qu'il se dépêchait de rentrer à la maison pour lire la suite d'un de mes romans (que je lui avais transmis) pour finalement ne rien éditer ! Etais-je grillé au sein de ma propre société, dans l'indifférence générale ?

Ce monsieur aurait pu trouver aussi "un côté théâtral" au scénario de Stijn Coninx qui réalisa Daens en 1992, un excellent film belge flamand d'après la biographie de Louis Paul Boon, Ce film raconte l'histoire de l'abbé Adolf Daens (incarné par Jan Decleir), à Alost en 1893, indigné par l'exploitation ouvrière presque inhumaine de femmes et d'enfants pour un salaire de misère, Daens va dénoncer ses conditions de travail et va finir par fonder le parti social-chrétien.

Kardec Le film brésilien sorti en 2019 raconte la vie du spirite Allan Kardec (1804-1869) au début de sa découverte avec le monde des esprits en 1854 ne semble pas avoir reçu des bâtons dans les roues, en fait, le film n'aurait pas existé si le spiritisme n'était pas devenu une religion en pleine expansion au Brésil, qui compte plus de 4 millions d'adeptes et près de 40 millions de "sympathisants".
Il serait peut-être temps de faire bouger les mentalités à défaut de parvenir à les faire évoluer dans ce pays. Mais il ne semble y avoir aucune espèce de volonté politique d'y parvenir.
Je ne pense pas que le réalisateur d'un film épique trouverait du boulot en Belgique, à moins de s'appeler Cecil B Demille et d'avoir des longs métrages à son actif dont Les Dix Commandements (The Ten Commandments) sorti en 1956...personne n'aurait été assez dingo pour reprocher "un côté théâtral" au scénario d'un film classé par l'American Film Institute comme le 10e meilleur film dans le genre épique.

Un ange passe...et me fait un signe.
J'ignore pourquoi une scène du film "L'armée des ombres" de Jean Pierre Melville me vient subitement en tête, au moment où des agents de la gestapo - je ne mets des majuscules qu'aux noms propres et celui-ci ne l'est pas - débarquent dans la chambrée du camp de transit où est enfermé Philippe Gerbier (Lino Ventura) pour l'emmener au siège de la Gestapo à Paris ; où il doit subir un interrogatoire sur ses activités de résistant : la torture. Gerbier s'arrête un moment dans l'embrasure et se retourne vers ses compagnons de captivité pour les saluer en désignant les collabos d'un signe de tête : " Des jeanfoutre, messieurs!"

J'avais décidé de remettre l'autocuiseur sur le feu avec la renaissance et tout le bataclan à l'intérieur, mais je devais d'abord éplucher l'histoire et la résumer en une seule ligne percutante, une prémisse qui montrerait en quelques mots la thématique générale incluant la notion de changement, d'action, de progression, mais aussi de conflit. Quels seraient les personnages et combien seraient-ils ? En général pas plus de sept. Puis, Bingo ! J'ai trouvé la prémisse !
Le nœud dramatique est un élément incontournable voire un déclencheur, il lance l'intrigue comme la chute des tuiles dans "Ben - Hur", lorsque le procureur fait son entrée dans la ville. Je ne parlerai pas de l' incident qui va chambouler tout ce qui semblait jusqu'ici logique, habituel, facile, normal. Tout va désormais se compliquer et cet événement va rester crédible, plausible. C'est un atout important et vital comme la notion de conflit, sans conflit, le récit est fade et insipide, il ne le sera pas avec Léonard de Vinci car il ne glisse pas tranquillement sur un fleuve tranquille, il nage même dans un torrent tumultueux en risquant sa vie et rencontre des obstacles, des récifs aussi tranchants que des rasoirs, des ennemis qui veulent l'empêcher de sortir de l'eau, d'atteindre le rivage, on lui tire dessus, on lui lance des pierres, parce qu'il dérange, mais ils ont besoin de lui, la double contrainte s'installe, bref, il entre en conflit avec tout ce qu'il rencontre sur son chemin, autant avec les éléments naturels qu'avec les personnages. Voilà comment j'aborde les scènes, rien ne m'empêche d'innover, mon but consiste à créer. Si je montre une réaction émotive du personnage, inutile de nous lui faire dire « j'ai mal, je souffre, ou j'ai peur ». S'il est en fâcheuse posture, il ne sentira nulle part en sécurité, à ce moment, tout lui semble suspect, et il va vaciller un moment. Tous ces détails ces attitudes des autres font comprendre qu'il n'est guère en sécurité et que ça peut lui tomber dessus à tout moment. Personne ne s'attend pas à voir Léonard de Vinci utiliser tout ce qui lui tombe sous la main pour se tirer d'affaire. Chaque scène atteint son but en posant de nouveaux éléments et des situations de conflit. Léonard sera presque toujours en conflit ! Si je le fais évoluer dans l'ouate, avec des coeurs tendres, des gentils poètes qui s'adorent et qui ont la même opinion sur tout, des béni oui oui, il n'y aura pas de scène, de même que s'il se retrouve bloqué dans un atelier ou une pièce chez un exploiteur, parce qu'il n'a pas reçu telle approbation pour faire ce qu'il avait décidé de faire, on le verra briser la fenêtre et descendre le long de la façade en s'agrippant à la gouttière et se retrouver dans la rue et voler un cheval pour atteindre son objectif. Il a désobéi. Ils vont lui faire payer cher. De plus, il a volé un cheval, qui est blessé, abîmé la gouttière et détruit les parterres fleuris, bousculé des passants dans la rue, renversé des tables, des échoppes, la police des Médicis est à ses trousses, ici on entre dans l'action, parce que finalement, cet artiste est surtout un aventurier qui n'a pas froid aux yeux et qui se comporte comme les gens rêvent de se comporter mais sans jamais oser le faire, alors ils vont se libérer par procuration avec lui

Inutile d'adapter un livre qui ne correspondait pas à mon plan, à moins que ce soit un véritable chef d'oeuvre. C'est une tragédie médiévale, un drame. J'avais ensuite déterminé l'intrigue, les obstacles, le Time lock et les dialogues en rapport avec cette époque.
Il faut emballer le public dès le début, définir l'enjeu dramatique, concret, les personnages principaux, secondaires, le méchant est l'antithèse du héros, c'est le traître, le malfaisant, jaloux, cupide, sournois, tyran diabolique, menteur, entouré de sbires mafieux prêts à tout, il a une forte personnalité entièrement vouée au mal absolu. L'homme à abattre fit alors son apparition, mais Léonard était aussi un homme à abattre.
Parviendra-t-il à atteindre son objectif là où nul avant lui n'y est jamais parvenu dans un contexte de guerre, de luxure ? Quel sera cet objectif ? La scène sentait la chair brûlée de Savonarole. Chaque histoire comporte une intrigue principale et une intrigue secondaire. Faire du héros un pleurnicheur est une faute selon moi, parce qu'au cinéma, un regard suffit à exprimer la peine ; c'est une autre histoire dans un livre !
J'ai ensuite construis une légende qui tenait la route, comme pour un agent secret quitte à inventer des scènes crédibles du passé en rapport étroit avec l'histoire, j'avais déjà défini et examiné son « inconscient », sa grande âme si bien remplie de belles choses, tous ces personnages devaient vivre et transpirer dans ce contexte violent, je devais les doter d'émotions positives, négatives, de sensibilité, de personnalité, ce sont des êtres humains à part entière qui reproduisent finalement le même schéma que transpirent les tourments humains.
J'ai dû mettre en place un détail récurrent sur le personnage j'avais hésité entre une manière de se tenir, une attitude, un tic de langage, un vêtement, chapeau, coiffure, bref quelque chose qui va le personnaliser, puis j'ai trouvé ce qui allait le différencier des autres en évitant les clichés, parce qu'il faut que le public se rende compte de cette faille, un talon d'Achille que j'ai révélé rien qu'à lui, et le lecteur tremblera en éprouvant des émotions, il n'en sortira pas indemne.
Il était indispensable aussi de montrer la force, l'intelligence et un pouvoir surnaturel ou paranormal qui a façonné le héros.
Je pensais à la structure générale en écrivant la courbe dramatique, en fait ça ressemble à l'écriture d'une partition musicale, avec un rythme, un équilibre et des enchaînement qui délivre peu à peu un message. On le répète au moins trois fois sur une durée de +/- 1h30, sinon le public ne retient rien du message !
Pour un projet de film , je dervais étudier les plans, espaces, angles de vision, plutôt obsédé par l'idée de permettre au public de s'identifier au personnage hors norme, par des petits défauts ou bizarreries de comportement, montrant aussi les facettes de son génie, des failles dans des scènes concrètes.

Le film "Shine" de Scott Hicks et Jan Sardi sur la vie du prodigue David Helfgott, le pianiste australien très atypique, est vraiment une réussite dans le genre.

Puis, je me suis mis à rêver à la scène d'ouverture qui répondrait d'emblée aux questions habituelles, Qui- Quoi - Où - Quand - Comment- Pourquoi ?, en montrant le personnage principal à l'image, en situation, pour que le public se fasse une idée, quitte à le surprendre par la suite. C'est important, tout se jouerait dans cette première scène. Je devrais aussi fournir les informations nécessaires tout en attirant l'attention du public sur un autre élément d'ordre visuel qui apporte des coups de lumières sur le caractère des personnages.
Mais quelles zones d'action choisir ? Quelle serait l'arène ? On n'est pas au théâtre, un film coûte très cher, qui investirait suffisamment pour ne pas filmer Léonard dans une rue, une chambre ou le couloir d'un palais...Il me faudrait un plan d'action, avec trois actes, qui ont fait leurs preuves, je resterais classique.
Dans un bon film, on place parfois un boîtier qui fait « tic tac tic tac », il décompte et annonce qu'il va se passer quelque chose de grave, de dangereux comme la bombe cachée quelque part qui menace d' exploser, devenue un cliché facile et suranné. J'ai trouvé la menace. On comprend d'emblée que ce dispositif limite le temps pour effectuer une opération concrète et vitale. La tension monte de plus en plus. Le tic-tac devient assourdissant. Ce procédé propulse l'action en avant. C'est le moment de relancer l'histoire qui commençait peut-être à s'essouffler ?
Imaginez le personnage en train de se sortir d'un guêpier , dont les issues se referment à mesure que l'action progresse, l'étau se resserre. Le compte à rebours, les portes qui se ferment…va-t-il s'en sortir ? Si oui, comment ? Je devais répondre à ça.
Imaginez-moi en train d'escalader un versant de montagne. Mon pied glisse. Je tombe. La corde de rappel me retient. Je balance, suspendu dans le vide, en poussant un soupir de soulagement. Tout à coup, je remarque la corde qui s'effrite. Je vais m'écraser 350 mètres plus bas, sur des rochers. Que va-t-il se passer à ce moment ? J'ai vécu cela, mais sans la corde, j'avais glissé !

Le doute s'installe alors sur mon choix concernant l'épisode de sa vie ? J'ai vu le film The agony and the ectasy de Carol Reed, sorti en 1965 avec Charlton Heston en Michel-Ange et Rex Harrison en pape Jules II....et je me suis dit « Dommage que le film s'articule autour de la sculpture et des plafonds de la chapelle Sixtine...ça ressemble à la mise en scène d'un "caprice de star" »...
Que montrer de Léonard ? La Joconde ? Il n'y a pas d'enjeu dramatique là-dedans.
Le public va s'ennuyer.
Le but dramatique du héros est d'évoluer en se modifiant, ceci dit, je ne développerai pas les trucs d'écriture ici. La vie de Léonard est un drame et quand on dit « drame », on prononce « conflit ». Sans conflit, pas d'action, sans action, pas de personnages, sans personnages, pas de récit, sans récit, pas de livre. Léonard sera un peu rustre, mais son humanisme dominera, le méchant sera parfois sensible, mais le mal et la cupidité l'emporteront toujours sur sa conscience …
Pour faire un navet, il suffit de tailler des personnages mono-expressifs à qui il n'arrive rien et qui s'écroule dans un coin pour pleurnicher.
Le changement vient de l'élément principal, Léonard doit sans cesse évoluer ce qui nécessite de le mettre en scène dans des situations permettant de modifier son comportement. En fait, les personnages vont modifier leur comportement à la suite de l'action, des obstacles, des rebondissements, sous l'influence des autres et ce changement en fera un vainqueur. C'est de cette manière qu'on passionne le public. Il paye pour cela, alors il faut lui en donner pour son argent !
Aucun spectateur ni lecteur ne portera d'intérêt à notre histoire si on n'y apporte pas de changement évolutif.
Bien sûr qu'il y a des trucs dans ce type d'écriture et des ficelles de métier, ce sont des outils à intégrer dans le processus. Il ne faut montrer que ce qui est essentiel et indispensable et rien d'autre. Economiser.
Faut-il respecter les clauses habituelles et ingrédients des scénarios avec l'inévitable conflit et les méchants ?
Absolument ! Je le vois galoper à la suite d'un roi conquérant sur une terre dévastée par la guerre et la misère pour rejoindre ensuite le luxe douillet d'un palais... On le voit dessiner tout, sans cesse, comme un reporter de guerre ! On est loin de l'imagerie populaire du gentil peintre poète devant son chevalet sous le regard admiratif d'une cour de génuflecteurs... Il risque sa vie en dessinant des fortifications, que faudrait-il révéler ? Montrer l'humanisme de Léonard qui sauve de la mort un enfant hermaphrodite, voué à disparaître, qu'il protégera toute sa vie, mais qui le précédera dans la mort?
Qui incarnerait cet homme d'1m 90 ?
Charlton Heston n'est plus de ce monde.
Qui choisirais-je ? Woody Harrelson ? Matthew McConaughey ? Liam Neeson, leonardo Dicaprio ? Vince Vaughn, Christian Bale me vient en tête pour incarner Louis Antoine, le prophète belge à l'origine de l'Antoinisme, mais il y en a d'autres ?
Pour qu'un acteur soit convainquant dans un rôle, et le film crédible il vaut mieux qu'il entre dans son personnage. Mieux vaut ne pas confier un rôle de virtuose à un acteur qui a des mains en forme de pelles à neige comme Depardieu maquillé à la truelle en plus dans « Tous les matins du monde ». Un culturiste incarnera parfaitement Arnold Schwarzenegger à l'écran, un vétéran sera crédible dans le rôle d'un héros de la seconde guerre mondiale, un bon acteur n'hésitera pas à prendre des kilos pour incarner un politicien ventripotent, ou à en perdre, etc.
J'en viens au fait que la pratique de plusieurs disciplines artistiques m'a considérablement aidé à comprendre Léonard de Vinci et les défis qu'ils allaient relever. J'ai dû faire un choix et il n'a pas été facile.

Dans un premier jet, on se demande si les personnages sont utiles à l'histoire. Il faut économiser quitte à faire endosser l'action à un autre tout en le typant d'avantage et recentrer l'action en évitant de s'éparpiller, c'est alors que le mur se couvre de toutes sortes de notes et que je me fais traiter de "bordeleur".
Il faut bien donner au public des informations nécessaires sur les personnages, leurs relations. Il y a donc des contre -actions qui accompagnent l'exposition en fournissant ces informations nécessaires tout en attirant l'attention du public sur un autre élément d'ordre visuel qui apporte des coups de lumières sur le caractère des personnages. L'exemple d'une scène : Léonard se rend la nuit à un rendez-vous au fond d'une ruelle sombre, il rejoint une fraternité secrète, ignorant que deux hommes masqués et armés le surveillent à distance et attendent que Léonard sorte de l'immeuble avec des documents sous le bras, on voit une main se crisper sur la poignée de l'épée dont la lame brille dans la nuit. On comprend de suite qu'il va se faire agresser par les deux sbires qui vont essayer de lui dérober les documents, mais....

Il faut sans cesse reprendre le personnage en main, il a tendance à être inactif, je veux qu'il provoque des conflits et fasse du remue-ménage, c'est son style de démolir des obstacles, d'innover en entraînant le récit en avant tout en restant toujours le héros !
Ceci dit, qu'il ne se démasque pas trop pour ne pas lui ôter son mystère. Quant au type antipathique au regard fuyant qui ricane en se frottant les mains, c'est le traître, le mauvais, sans âme ni conscience, le tout est de remplacer ce cliché en montrant le ricanement sarcastique dans le regard, toute une histoire...
Donc, Léonard provoque des situations, il ne subit pas. Un personnage qui pleurniche sur son compte dans un coin, a besoin d'une paire de gifles qui va le repositionner dans l'action, sinon, il va tout bousiller !
Si Léonard ne réagit pas, il va se faire éclipser par un rival qui lui volerait la vedette! Artiste ou pas, il doit bouger, c'est l'action qui le façonne, parce qu'on n'est pas au théâtre.
La fin de l'histoire ne fonctionnait pas bien, ce qui alourdissait le rythme et la conclusion.
Si j'écris une bonne résolution, la fin sera bonne aussi, je dois donc expliquer en apportant des bribes de solution vers la chute de l'histoire.
Tout est lié. Chaque scène doit en amener une autre jusqu'à la fin. Voilà comment mon essai de 1000 pages est en train de se métamorphoser en un scénario de +/- 130 pages, j'ai de quoi m'occuper durant les soirées d'hiver !


Que va-t-il se passer à l'écran? Comment briser la frontière entre rêve et réalité…?
Je viens de découvrir que Leonardo DiCaprio endossera le rôle de Léonard de Vinci dans un biopic qu'il financera avec sa coproductrice Jennifer Davisson, le biopic étant un style cinématographique romancé qui raconte la vie ou un passage de la vie d'un personnage ayant réellement existé. L'acteur a confié le script à John Logan qui s'est inspiré de la biographie écrite par Walter Isaacson, auteur du best-seller "Steve Jobs". J'espère qu'ils ne se feront pas piéger en cours de route par...un sfumato!
Je n'ai pu lire un extrait du bouquin d'Isaacson : il faut être abonné... Il y a un chapitre dans la conclusion qui détaille des recommandations pour « devenir comme Léonard ». Bonne chance, les gars ! Hold on ! Ne tombez pas dans le panneau, révélez le personnage qui en avait ras le bol de peindre et qui était passé à autre chose : devinez quoi !
Léonard aurait très bien pu dire cette phrase de William Shakespeare : "- Oh ! Attention, monseigneur, à la jalousie ; c'est le monstre aux yeux verts qui tourmente la proie dont il se nourrit."
Ceci dit, j'espère qu'ils feront un film digne du personnage sans tomber dans les clichés...

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